Après avoir lancé jeudi 13 mars 2025, la formation des formateurs des opérateurs de saisie (OPS), la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) écrit aux partis politiques pour l’envoie de la liste de leurs représentants dans les centres et bureaux de listes et cartes en vue de la révision des listes électorales dans le cadre des élections municipales au Togo. Suite à cette démarche de la CENI, l’opposition togolaise, malgré ses multiples coalitions répond encore par des voix discordantes. Au moment ou certains refuse de s’engager en demandant d’abord l’ouverture de nouvelles discussions au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC) afin d’obtenir des garanties pour des élections justes et crédibles d’autres n’y trouvent aucun inconvenient à envoyer la liste de leurs membres.
Le lancement du processus électoral par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en vue des municipales est diversement apprécié par la classe de l’opposition togolaise . Pour le CAR, démarrer les activités électorales sans impliquer l’opposition parlementaire et extra-parlementaire est une entorse grave à la transparence. «On ne peut pas commencer à préparer le scrutin sans y associer l’opposition », a regretté Yao Robert Daté, le président du parti. En clair dans les conditions actuelles, le CAR refuse de s’engager sans garanties solides. Il conditionne sa participation au scrutin municipal prochain par l’ouverture de nouvelles discussions au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC) afin d’obtenir des garanties pour des élections justes et crédibles. Pendant ce temps l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) ne trouverait aucun inconvénient dans la démarche de la CENI. Elle s’est plutôt résolument engagée à fournir ses représentants et suppléants en toute indifférence à l’avis émis par le CAR.
« Le Secrétariat Général vous informe par la présente que, le Bureau National a reçu, ce jour une correspondance de la CENI. La CENI nous demande d’envoyer d’ici le 21 mars 2025, la liste de nos représentants dans les centres et bureaux de listes et cartes en vue de la révision des listes électorales. A cet effet nous vous demandons, toutes affaires cessantes, de nous envoyer les noms de nos représentants et de leurs suppléants suivant la répartition attachée à cette circulaire », a écrit Kwami Manti, secrétaire général adjoint de l’ANC. Selon la note adressée aux camarades présidents des fédérations du parti, M. Manti dit attendre les propositions (membres des CLC) au siège, au plus tard mercredi 19 mars 2025 à 17 heures. Cette diligence de l’ANC dans la préparation de la prochaine l’élection municipale de juin après avoir refusé de participer aux élections régionales en raison de son opposition à la Constitution de la Ve République soulève bien des questions d’équité et de cohérence .
En effet , l’ANC, dirigée par Jean-Pierre Fabre, avait pourtant été catégorique lors des précédents scrutins : pas question de légitimer un processus électoral organisé sous l’égide de la nouvelle Constitution. Cette position avait même provoqué une crise interne, poussant plusieurs cadres à claquer la porte du parti. Mais voilà que, contre toute attente, la formation politique fait volte-face et annonce officiellement sa participation aux prochaines municipales.
L’information a été confirmée le mardi 18 mars 2025 par Kwami Manti, Secrétaire général adjoint de l’ANC, lors d’une intervention sur les ondes de la radio privée Kanal FM.
« Nous irons aux élections municipales. Ce n’est pas une incohérence politique. Nous avons participé aux élections législatives et régionales d’avril dernier. Se préparer pour des élections est le devoir de tout parti politique. Mais, si à la veille du scrutin, nous constatons des éléments qui nous poussent à renoncer, nous prendrons la décision qui s’impose. Ne pas se préparer, c’est se tirer une balle dans le pied. Pour l’instant, nous comptons y participer », a-t-il déclaré.
Un discours qui ne convainc pas tout le monde. Pour certains observateurs, cette posture traduit une certaine ambivalence dans la stratégie du parti, qui semble osciller entre contestation de la Constitution et participation aux institutions qu’il critique. Une position qui désole et demobilise de plus en plus les militants du parti, qui vont à coup sûr manifester une fois encore à travers les urnes leur désaccord avec les incohérences de leurs dirigeants.
L’ANC donne-t-elle finalement le feu vert à la 5ème République?
Le comble, alors qu’il y a quelques semaines l’ANC, FDR, Tournons La Page-Togo et le Front Citoyen TOGO DEBOUT avaient animé une conférence de presse en affirmant rejeter toute la constitution de la forme au fond, et ont appelé à une manifestation le 23 Mars prochain, grand fut notre surprise quand le 19 Mars on voit l’ANC, seul, animer une conférence de presse pour se prononcer sur le fond de cette constitution en indexant les articles 50 et 54 qui seraient le plus grand problème de cette constitution.
Après avoir accepté la participation aux prochaines élections, accepté la CENI en se précipitant dans l’envoi des membres CLC et BV, le parti orange vient de donner le feu vert à la 5eme République en se prononçant sur le fond de la Constitution en demandant de revoir les articles 50 et 54 pour rendre la constitution acceptable.
Démission de Mme Gbodzo Afiwa Enyonam cadre de l’ANC et maire de la commune Agoè-Nyivé5
Depuis quelques mois, le parti « Orange » est secoué par des tensions internes qui mettent à rude épreuve sa cohésion et son avenir politique.
Après l’exclusion en janvier 2025 de sept cadres, dont Robert Olympio, conseiller spécial du président du parti devenu entre-temps sénateur, c’est au tour d’une autre figure importante de claquer la porte. Mme Gbodzo Afiwa Enyonam, maire de la commune Agoè-Nyivé 5, a annoncé sa démission des instances du parti avec « effet immédiat », selon une correspondance rendu publique le 18 mars 2025.
Dans sa lettre, Mme Gbodzo justifie sa décision par la difficulté de concilier engagements politiques et obligations personnelles. « Les charges de la vie politique et les obligations partisanes me conduisent à prendre cette décision au regard de mes modestes forces », explique-t-elle sans plus de détails.
Si elle n’a pas explicitement motivé son départ, plusieurs observateurs relèvent qu’elle avait déjà pris ses distances avec le parti depuis quelque temps, notamment en cessant de participer aux réunions. « Sa démission était attendue. Elle ne faisait que confirmer une situation déjà connue de tous », confie un militant de l’ANC.
Ce nouveau départ constitue un sérieux revers pour l’ANC, qui voit s’effriter son ancrage dans le Grand-Lomé, la seule zone où le parti dirige encore des municipalités. Après la disparition du maire Koffi Dagbovi de Golfe 6 et le départ du maire Gomado Koamy Gbloèkpo de Golfe 1, la perte d’une nouvelle commune vient fragiliser davantage le parti de Jean-Pierre Fabre
Pour l’heure la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est à pied-d’œuvre pour mobiliser et de déployer 6000 opérateurs de saisie (OPS) sur l’ensemble du territoire dans le cadre de la révision des listes électorales en vue des élections communales cette année au Togo.
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