Le procès dans l’affaire de l’assassinat du feu Colonel Toussaint Bitala Madjoulba est ouvert lundi 23 octobre 2023 devant le tribunal militaire siégeant à Lomé. Qui a tué le Col Toussaint Bitala Madjoulba dans la nuit du 3 au 4 mai 2020? Le peuple togolais et le président Faure Gnassingbé en tête veulent savoir. C’est dans cette optique de depuis lundi, les Togolais suivent attentivement le premier procès du tribunal militaire au Togo.
Ce procès qui est consacré à l’assassinat du Colonel Madjoulba est apprécié positivement par la population. Que ce soit dans les médias, marchés ou dans les rues, les Togolais saluent le courage du président Faure Gnassingbé qui met tout en œuvre pour faire la lumière sur l’assassinat du Colonel Madjoulba. Ce procès premier du genre se déroule en présence des personnes ressources, des membres des familles, des avocats et des médias d’Etat.
Comparaissent dans ce dossier lié à l’assassinat de l’ancien chef corps du 1er Bataillon d’intervention rapide (1er BIR), le Général Abalo Kadangha et ses co-accusés notamment, SONGUINE Yendoukoa, Mme AKOUNA Lelatou, Col. ALI Kodjo, Lt-Col. AGBONKOU Komlan Sename Cdt ATEKPE Kpatcha Akila-Esso et BOUE Balakyeme. Les intérêts de la famille Madjoulba sont défendus par Me Djourma. L’État est défendu par Me Dandakou et Ndjelle. Les accusés sont défendus par Me Sambiani, Amegankpoe, Claude Amegan, Adjgbo, Nabede, Anani et Lawson Bankou.
La lumière sur l’assassinat de Madjoulba
Dans ce dossier, l’ancien chef d’Etat-major général des Forces Armées Togolaises (FAT) est poursuivi pour complicité d’assassinat, complicité d’entrave au bon fonctionnement de la justice et complot contre la sécurité intérieure de l’Etat. Officiellement, le dossier est dénommé « Affaire ministère public contre Songuine Yendoukoa et autres ». Mgt-Lcol Kpatcha Melou, procureur militaire a communiqué l’ouverture du procès à Me Amegankpoe Yaovi, avocat au Barreau du Togo. Ce dernier est l’avocat de la défense du Général Abalo Kadangha.
En effet, par ordonnance pris le 12 octobre dernier, le juge d’instruction militaire a ordonné le renvoi à la chambre criminelle du tribal militaire des nominés Songuine Yendoukoa et autres dans l’affaire visée. « Faisant suite à cette ordonnance, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance que l’audience de jugement de cette affaire dans laquelle vous êtes conseil du prévenu Général de Division Kadangha Abalo, poursuivi pour complicité d’assassinat, complicité d’entrave au bon fonctionnement de la justice et complot contre la sécurité intérieure de l’Etat, s’ouvre le lundi 23 octobre 2023 à 8 heures à la grande salle des audiences du tribunal de grande instance de Lomé », peut-on lire dans la note du procureur militaire.
Assassiné le 04 mai 2020, dans son bureau au camp, au lendemain de la cérémonie de prestation de serment du chef de l’Etat Faure Gnassingbé, à la suite des présidentielles du 22 février 2020, l’ouverture du procès permettra de lever le voile sur le dossier qui a tenu tant en haleine, les Togolais. Selon les enquêtes et les tests balistiques réalisés par la France et le Ghana l’ex-commandant du 1er BIR a été assassiné par sa propre arme, un revolver Beretta.
Le peuple pourra finalement connaitre les circonstances de la mort du Col Bitala Madjoulba, l’ex-commandant du 1er BIR ainsi que les auteurs et les commanditaires de ce crime crapuleux. Sauf que 4 jours avant l’ouverture du procès, soit le 19 octobre dernier, la femme de Toussaint Madjoulba, Mayen Marie-Grace Bayilabou, a également rendu l’âme et ne connaitra jamais les commanditaires et assassins de son mari.
Au Togo, le Code pénal en son article 664 qualifie de complot contre la sécurité intérieure de l’Etat, la résolution arrêtée entre plusieurs personnes en vue de déstabiliser, mettre en péril ou supprimer les institutions de la République togolaise. Surtout lorsque cette résolution est concrétisée par un ou plusieurs actes matériels tendant à la planification ou l’organisation du complot. « Le complot est puni d’une peine de vingt (20) ans de réclusion criminelle. La peine est portée au maximum de la réclusion criminelle à temps lorsqu’il est commis par une personne dépositaire de l’autorité publique », précise l’article en question.
Tout en saluant la tenue effective de ce procès qui permettra de diminuer le zèle de certains hauts gradés, les associations des droits de l’homme et la population togolaise invitent le gouvernement à prendre des mesures idoines pour garantir un procès équitable, transparent, à nécessairement communiquer sur la question du procès de Katangha à l’endroit des citoyens togolais. Il est souhaité également que de tels procès pour ceux qui détournent les fonds publics.
Daniel A.
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