Après plus d’un an de sa mise en place, la plateforme digitale de demande de certificat de nationalité en ligne ne répond pas toujours aux attentes de la population . Développée par le ministère de la Justice et de la législation avec le concours de l’Agence Togo Digital (ATD), la plateforme de digitalisation du service de la nationalité lancée le 12 décembre 2024 devrait permettre plus l’accessibilité et la simplicité, le gain de temps et la réduction des coûts, la sécurité et la transparence dans le processus de demande du certificat de nationalité au Togo. Malheureusement depuis son institution les requérants de ce certificat ne trouvent aucune amélioration dans le traitement de leur dossier .
Si les autres services publics digitalisée satisfont les requérants, les utilisateurs de la plateforme du service de la nationalité en ligne continuent de vivre le calvaire pour avoir le fameux sésame.
En effet il y a un an, précisément le 12 décembre 2024, il a été procédé au lancement officiel de la plateforme digitalisée de la Direction de la Nationalité par la Première ministre Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE. Vantée comme un tournant décisif dans la modernisation des services publics avec la célérité du traitement des dossiers, la réduction des tracasseries administratives, la fin des longues files d’attente, l’enthousiasme suscité par cette plateforme a tourné au fiasco. De nombreux usagers sont confrontés aux dysfonctionnements criards en l’occurrence la mauvaise qualité de la connexion internet, rendant l’accès à la plateforme aléatoire ;des paiements via transfert mobile effectivement débités, mais sans validation de la demande ;des notifications de mise à jour de dossiers transmises plusieurs semaines, voire deux mois après la soumission, alors qu’elles devraient être quasi automatiques ;l’impossibilité d’effectuer certaines corrections en raison de l’absence du bouton « Procéder » sur l’interface ;des interruptions répétées du site en pleine procédure de demande. Des dossiers faits en ligne depuis neuf mois sont sans suite. Des usagers se plaignent aussi du fait que pour des cas de paiement non-abouti rencontré sur la plateforme, on leur assure que cela devait remonter au Trésor Public qui est l’institution chargée des paiements qui se chargera de procéder à une vérification avec l’opérateur afin de valider la demande ou de rembourser l’usager. Et c’est parti pour l’éternité. Parfois le Trésor Public propose deux alternatives :attendre le remboursement pour ensuite refaire un autre paiement avec l’argent remboursé ou refaire un autre paiement, sur fonds propres, en attendant un éventuel remboursement du premier.
Après l’étape en ligne, les demandeurs sont contraints de procéder au dépôt physique de leurs dossiers. Or, ce dépôt n’est possible qu’au niveau des préfectures. Là aussi se joue un imbroglio traumatisant. Même lorsque les demandeurs parviennent à obtenir une audience auprès de l’administration centrale, les mêmes difficultés persistent : dossiers introuvables, renvois vers des services débordés, délais indéterminés. Et pendant ce temps des étudiants, des jeunes qui devaient utiliser ce certificat pour constituer les dossiers de concours ou de voyage voient avec les larme aux yeux des opportunités volées à l’éclat. Confrontés à des difficultés à facettes multiples avec l'utilisation de la plateforme digitale, nombreux sont ceux qui souhaitent qu’en attendant le renforcement du système électronique qu’on revienne sur l’ancien système, c'est à dire le dépôt physique.
Pourquoi le togolais devrait tant souffrir avant d'obtenir sa nationalité ? Pourquoi ne pas décentraliser l'établissement des certificats de nationalité dans les chefs lieux des régions voire dans préfectures ? Pourquoi ne pas accepter les deux systèmes de dépôt des demandes (physiques et en ligne )?
Généralement les agents de la direction du service nationalité indexent la mauvaise quantité de la connexion internet ou la saturation du site. Cependant c’est la même connexion qu’utilise avec succès les autres services publics digitalisé. Vivement que les réformes administratives et institutionnelles de la Vème République puissent prendre en compte ces préoccupations urgentes des populations.
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire