Après la clôture de la session de droit du Sénat démarré le 6 mars dernier sous la présidence du doyen d’âge, Koudjolou Dogo, le Sénat a ouvert jeudi 03 avril 2025 à Lomé sa première session ordinaire de l’année, au lendemain de la constitution de son bureau et de l’adoption de son règlement intérieur conformément aux dispositions de l’article 12, alinéa 2 de la Constitution. Une cérémonie officielle et historique, organisée au Palais des Congrès rénové, conduite par le président de l’institution, Barry Moussa Barqué, a réuni pour l’occasion plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles le Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale, les présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, et le corps diplomatique.
Jusque-là Grand Chancelier des Ordres Nationaux, M. Barqué, plusieurs fois ministres à des portefeuilles stratégiques depuis 1980, élu premier président du Sénat pour un mandat de six ans estime que cette session marque un moment important dans le cheminement démocratique du Togo. « Il ne s’agit pas simplement d’un événement protocolaire, mais d’un moment fort, porteur d’espoir, dans notre cheminement démocratique », a déclaré le président du Sénat dans son allocution d’ouverture.
Il a salué le chef de l’Etat pour son leadership éclairé et invité ses collègues à un travail bien fait visant à répondre concrètement à des sollicitations des populations et aux défis de l’heure.
«En ce jour gravé dans le marbre de l’histoire où les vents du destin soufflent avec une intensité nouvelle sur notre chère et belle patrie, me voici devant vous, investi d’une mission qui transcende ma personne. C’est celle de servir avec humilité, responsabilité et détermination, notre Togo bien aimé. Permettez-moi d’abord de rendre grâce à celui qui gouverne les cieux et inspire les cœurs des hommes. C’est par la grâce de l’Eternel Dieu que nous sommes ici réunis, porteurs d’un idéal commun. A lui reviennent nos prières et notre reconnaissance infinie. Je tiens aussi à saluer avec la déférence qui s’impose, le Président de la République, Chef de l’Etat et leader éclairé de la formation politique majorité parlementaire. En acceptant que je sois proposé, soutenu et élu comme 1er Président de la 1ère législature du Sénat, je comprends que la contribution déterminante attendue pour l’affermissement de la Vème République doit être notre préoccupation essentielle. Sa vision n’est pas simplement une direction politique. Elle est l’étoile du nord qui nous oriente dans les nuits parfois tumultueuses de notre histoire. Je voudrais donc ici rassurer que le Sénat sera un pilier solide dans la réalisation des nobles aspirations du Président de la République, pour le bonheur de notre peuple. A mes chers collègues sénateurs, je témoigne toute ma reconnaissance pour la confiance accordée. C’est ensemble que, fort de cet engagement commun, nous porterons les voix de nos concitoyens et légiféreront à combler les aspirations du pays. Quant à moi, je m’engage à conduire nos débats dans le respect du règlement intérieur, tout le règlement intérieur et rien que le règlement intérieur que nous nous sommes donnés. La révision constitutionnelle du 06 mai 2024 n’est pas seulement une réforme. Elle est une promesse, une promesse de renouveau, de dialogue et de lumière. La constitution du 06 mai 2024 est le socle sur lequel nous érigerons un régime parlementaire vibrant où chaque voix compte, où chaque idée trouve sa place dans le grand concert de notre nation. Que ce Sénat, temple de la sagesse et du débat éclairé, soit le miroir d’un Togo réconcilié avec lui-même. Que nos délibérations soient guidées par la quête du bien commun, transcendant ainsi les clivages, pour embrasser la richesse de notre diversité. Avançons unis et déterminés vers un horizon où le Togo se dresse fier et souverain, fard d’espoir pour ses enfants et modèle pour le monde. Que cette flamme nouvelle, jamais, ne chancelle et qu’elle illumine à jamais notre chemin collectif. Dans le sanctuaire de l’histoire, nous écrivons aujourd’hui, une page nouvelle. Le Togo, terre de résilience et de rêve, avance vers un avenir où brillent les étoiles de la prospérité partagée. Alors, d’un seul cœur, prions tous ensemble pour que le Togo avance, que le Togo se lève et que le Togo triomphe», a déclaré président de la Sénat Barry Moussa Barqué
En ce qui concerne la formation des groupes parlementaires , Barry Moussa Barqué exhorte pour qu’ils reflètent la richesse et la pluralité des idées et convictions. « Pour commencer, les groupes parlementaires, véritables moteurs de la représentation citoyenne, doivent être formés sans tarder. Ils devront refléter la richesse de nos convictions, la pluralité de nos idées et l’énergie vitale qui anime notre République. Ce n’est qu’en œuvrant dans cette direction que chaque idée, chaque rêve et chaque lutte de nos populations courageuses pourront s’épanouir pleinement au sein de cette maison commune qu’est la seconde chambre du Parlement », a-t-il déclaré.

«L’ouverture de la 1ère session ordinaire du Sénat consacre le début du bicaméralisme dans la Ve République. Ce système parlementaire à 2 chambres enrichit le débat démocratique, renforce la représentativité et permet une analyse approfondie des lois, au service de la nation» , selon Sevon-Tépé Kodjo ADEDZE président de l’assemblée nationale.
Le premier ministre Victoire Tomegah-Dogbé a félicité la mise en place du Sénat et s’est déclarée fière de la belle représentativité des femmes parmi les sénateurs.
«La mise en place du Sénat marque une étape décisive dans la consolidation de notre démocratie et la mise en œuvre de la Cinquième République. Fière de voir une belle représentativité des femmes parmi les sénateurs ! Leurs parcours riches et variés constituent un véritable atout pour cette institution naissante. Félicitations à tous les sénateurs et à toutes les sénatrices qui, sans aucun doute, marqueront le Sénat de leur empreinte», a écrit Victoire Tomégah -Dogbé . Prochaine étape décisive dans la poursuite de la mise en place des institutions de la nouvelle république, la réunion du Congrès pour l’élection du prochain Président de la République.
Qui est Barry Moussa Barqué
Barry Moussa Barqué est un homme politique togolais, membre de plusieurs gouvernements du président Gnassingbé Eyadema entre 1979 à 1999. Il est conseiller spécial du président de 1999 à 2005 (sous Etienne Eyadema), puis à partir de 2009 (sous Faure Gnassingbé). Il devient le tout premier président de la première législature du Sénat togolais, à partir du 2 avril 2025.
Biographie
Barry Moussa Barqué est issu de l’ethnie peul (nord du Togo). Il fit ses études à l’université Panthéon-Sorbonne.
Il fut directeur du port autonome de Lomé dans les années 1970, avant d’être nommé au gouvernement en tant que ministre des Mines, de l’Énergie et des Ressources en eau le 19 mars 1979. Il fut ministre de l’Équipement, des Mines et des Postes et Télécommunications au début des années 1980. Considéré comme une personnalité particulièrement dévouée à Eyadema, il a occupé de nombreux postes au sein du gouvernement au cours des vingt années suivantes, devenant ainsi un puissant « baron » du Rassemblement du peuple togolais (RPT). Lors des élections législatives de mars 1985, il fut président de la Commission nationale de recensement général des votes et de vérification. Il est considéré comme le « cerveau » derrière les actions d’Eyadema durant les années 1980.
Il a travaillé pour la société interafricaine des banques.
Il fut conseiller spécial de Gnassingbé Eyadéma,avant d’être nommé ministre d’État et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération le 29 novembre 1995, poste qu’il occupa jusqu’en 1996. Il devint par la suite ministre d’État et ministre des Finances et de la Privatisation en 1996 jusqu’à ce qu’il quitta le gouvernement en juin 1999. Il est alors nommé, de nouveau, conseiller spécial du président. En 1998, il est envisagé comme un potentiel premier ministre.
Au cours de ses mandats, il a été accusé à plusieurs reprises de mauvaise gestion. C’est notamment le cas lors de la conférence nationale souveraine de 1991 durant laquelle il est accusé de corruption.
Il est poignardé à plusieurs reprises par son neveu Altine Barry dans la nuit du 24 au 25 octobre 2003, qui a fuit ensuite vers le Ghana. Barqué est transporté par avion à Paris pour des soins médicaux. Il tarde toutefois à rentrer au Togo, potentiellement sous le coup d’un mandat d’arrêt. Le 5 mars 2007, Barry est condamnée à vingt ans de prison pour tentative de meurtre.
À la suite de la mort du président Eyadema le 5 février 2005, Barqué exprime son choc, affirmant qu’il semblait en bonne santé dans les jours précédents. Le fils d’Eyadema, Fauré Gnassingbé, lui a succédé à la présidence, mais cette succession a été largement jugée inconstitutionnelle. Barqué a fait partie d’une délégation togolaise qui s’est rendue à Niamey le 12 février pour tenter d’expliquer et de défendre la succession de Gnassingbé à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Barqué est membre du comité central du RPT. Il est élu membre du Comité central de la préfecture de Tône lors du 9e congrès du RPT en décembre 2006 . Il est également membre du Collège des Sages du RPT. Le 7 septembre 2007, Barqué préside la cérémonie au cours de laquelle les 162 candidats du RPT au pouvoir pour les élections législatives d’octobre 2007 ont été investis. Barqué est conseiller spécial du président Faure Gnassingbé avec statut de ministre depuis janvier 2009. Des rumeurs ont circulé en janvier 2015 concernant un prétendu différend entre Barqué et Gnassingbé. Il a été élu à l’unanimité par les sénateurs du 1er Sénat du Togo de la Ve République, le mercredi 2 avril 2025, comme président du Sénat. Composé de neuf membres dont trois femmes, le bureau élu est présidé par Barry Moussa Barqué du parti Union pour la République (UNIR)
Le bureau du Sénat
Composition du bureau du Sénat
Président : Barry Moussa Barqué, parti UNIR
1er Vice-président : Xoladem Amoko Kouvahey
2e Vice-président : Koudjolo Dogo, parti UNIR
3e Vice-président : Robert Olympio, Indépendant
1er Questeur : Komlan Mally, parti UNIR
2e Questeur : Afiwavi Vincenzia Banybah-Meyer, présidente du parti BATIR
1ère Secrétaire parlementaire : Françoise Kadjaka Molgah Abougnima
2e Secrétaire parlementaire : Mouhamed Tchassona-Traoré, président du parti MCD
3e Secrétaire parlementaire : Bawoumondom Amelete, parti UNIR
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