Malgré absence des Eperviers à cette messe mondiale, la présence du Togo a été très remarquable. D’abord par la chaîne télé privé New World Tv qui a le quitus de la retransmission des matchs en Afrique subsaharienne. Par ailleurs le président de la République togolais a été l’un des rares chefs d’État invités au bouquet final de ce mondial.
Invité par la FIFA à la finale de la Coupe du monde Qatar 2022, qui a vu le sacre de l’Argentine et son Léo Messi, Faure Gnassingbé s’est prêté au jeu de questions-réponses de New World Tv, qui a acquis les droits exclusifs de diffusion de la Coupe du monde pour les pays francophones de l’Afrique subsaharienne.
Le Chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, s’est prononcé, entre autres, sur l’organisation de la compétition par le Qatar, la participation des équipes africaines à cette phase finale, les performances de New World Tv…
Que pensez-vous de l’organisation de la Coupe du monde par le Qatar ?
Je suis heureux d’être ici à Doha pour la finale. Je remercie la FIFA pour l’invitation. J’ai eu l’occasion, il y a quelques temps, de visiter le stade. J’ai été très impressionné par la qualité des installations et pour ce qui est de l’organisation, pour ce que moi j’ai entendu, elle est plutôt bonne, elle n’a rien à envier à ce qui s’est fait par le passé. Nous avons vu de beaux matchs, Je pense que cette organisation soit marquante dans la vie de la FIFA.
Que pensez-vous de la prestation des pays africains lors de cette compétition de la Coupe du monde ?
Pour une fois, je pense qu’on n’a pas de différence entre les équipes africaines et les autres équipes. J’ai été particulièrement heureux de voir que le Maroc a fait des prouesses, que le Cameroun a battu le Brésil, Bref, les équipes africaines ont brillé, elles ont montré qu’elles ont parfaitement le niveau. On aurait eu peut-être une demi-finale entre deux équipes d’Afrique.
Cela est à souligner parce que beaucoup d’équipes africaines avaient des coachs africains qui montrent qu’ils sont au même niveau que les autres équipes participantes à la Coupe du Monde.
Comment expliquez-vous la performance du Maroc qui a brisé le plafond vert en atteignant une demi-finale de la Coupe du monde?
Je pense que c’était attendu qu’une équipe africaine puisse arriver à ce niveau. On a vu le Ghana en quart de finale, le Cameroun aussi. Inévitablement, on savait qu’une équipe africaine avait le niveau d’être en demi-finale, ou même en finale, et pourquoi pas, remporter la Coupe du monde!
Je pense que cela arrivera. Si on applique les mêmes méthodes, c’est-à-dire, une bonne organisation, une bonne discipline, avec de bons joueurs africains, je suis sûr qu’on va voir d’autres pays, comme le Maroc, arriver en demi- finale et, pourquoi pas, remporter la Coupe dans un avenir pas très lointain.
Quels sont vos avis sur les efforts déployés par la FIFA pour le développement du football en Afrique ?
Je pense qu’il y a une telle amélioration des pays africains, c’est dû aux structures que nous mettons en place sur le continent. Je crois que la FIFA fait beaucoup pour cela, encourage, aide les fédérations.
Je souhaite que les efforts soient davantage faits pour que les talents africains, qui n’ont pas la chance d’aller en Europe, puissent progresser, en restant sur place sur notre continent.
Le Togo fait de belles pages de l’actualité audio-visuelle mondiale lors de cette coupe du monde, notamment à travers l’entrée tonitruante sur ce marché de New World Tv qui est un groupe de media togolais et panafricain. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Au début, c’est avec surprise, et même incrédulité, que nous avons appris cela, parce qu’on pensait que c’était la chasse gardée de grandes chaines internationales. Mais à l’instar de ce que la FIFA a fait pour le Qatar, je pense que le mouvement s’est étendu à d’autres secteurs, notamment celui des médias. Nous avons eu la chance que New World Tv soit positionné.
D’abord, je salue la qualité du projet qui leur a permis de remporter ce qui était un peu une compétition, Je salue surtout l’adhésion des spectateurs et je les remercie. Je pense que c’est comme cela que le football se démocratisera dans tous ses aspects, aussi bien l’aspect sportif que l’aspect media.
Avez-vous été comblé par la performance technique de la distribution dans toute l’Afrique subsaharienne, effectuée par New World Sport ?
Oui, c’était un pari, mais je suis heureux de constater d’abord que New World Tv a montré l’originalité de son projet avec des diffusions dans des langues africaines, avec des qualités des analyses, des éditoriaux de bonne facture, qui n’ont rien à envier à ce qui se fait sur d’autres chaines. Donc je crois que ce sont les téléspectateurs, par leur adhésion, par le nombre, qui montrent que la FIFA a eu raison de faire confiance à New World TV.
Coupe du monde 2022 : mais pourquoi y a-t-il autant de temps additionnel pendant les matches ?
Depuis le début de la compétition, les arbitres ont indiqué beaucoup plus de temps additionnel qu’à l’accoutumée. Ils traduisent une volonté de la Fifa de se rapprocher le plus possible d’un temps de jeu effectif de 90 minutes. Une nouveauté qui divise alors que plusieurs joueurs sont apparus à bout de forces au terme des rencontres.
Dix minutes de temps additionnel par-ci, huit minutes d’arrêt de jeu par là et des matches qui n’en finissent plus. Comme l’avait annoncé leur patron Pierluigi Collina avant le tournoi, les arbitres de cette Coupe du monde 2022 laissent les rencontres se prolonger bien au-delà des 90 minutes réglementaires, avec des joueurs parfois à bout de forces. Sur les six premiers matches du tournoi, on dénombre un total de plus de 90 minutes de temps supplémentaire indiqué.
Le match le plus spectaculaire dans ce registre a été Angleterre-Iran (6-2) , qui a duré en tout plus de 117 minutes, avec notamment 14 minutes d’arrêts de jeu annoncés à la fin de la première période. Dans ce cas précis, cela s’explique en partie par la blessure importante du gardien iranien Alireza Beiranvand qui avait violemment percuté un partenaire en voulant dévier la trajectoire du ballon.
«Ce temps doit être compensé»
Mais les autres matches ont eux aussi régulièrement dépassé les 100 minutes, sans avoir été marqués par des incidents médicaux majeurs. L’explication est à chercher dans les propos du président de la commission des arbitres de la Fifa Pierluigi Collina, qui avait annoncé dès jeudi dernier que les arbitres seraient «très attentifs» au temps de jeu effectif. «On veut éviter les matches à 42, 43, 44 minutes de temps effectif. Donc les temps de remplacement, de penalty, de célébrations, de soins médicaux ou bien sûr de VAR, devront être compensés», a-t-il expliqué.
«Les célébrations peuvent parfois durer 90 secondes. Ce temps doit être compensé», avait ajouté l’ancien arbitre italien, évoquant le «respect des spectateurs et des téléspectateurs». Si l’intention est louable, elle a aussi ses revers. A la fin du match USA-Galles lundi, l’arbitre qatari Abdulrahman Al-Jassim a annoncé neuf minutes de temps additionnel. Durant ce temps supplémentaire, plusieurs joueurs se sont écroulés et ont dû être soignés pour des crampes, ce qui a engendré encore plus de temps ajouté.
La deuxième période a ainsi duré plus de 55 minutes, sans blessure grave ni utilisation de la VAR et avec un seul but inscrit. Plusieurs buts très tardifs ont par ailleurs été inscrits, comme celui de l’Iranien Mehdi Taremi, marqué à la 103e minute ou celui du Néerlandais Davy Klaassen, enregistré à la 99e minute.
«Il y a trop de temps perdu dans le football»
«Je crois qu’il y a eu 24 minutes de temps additionnel sur le match. Cela fait beaucoup de temps de concentration», a relevé le sélectionneur anglais Gareth Southgate. «Nous avons justement perdu notre concentration et quand on joue sur un tempo plus lent, nous ne sommes pas du tout aussi efficaces», a-t-il ajouté.
Pour l’ancien sélectionneur belge Marc Wilmots, cet allongement du temps de jeu peut être néfaste. «J’ai vu les États-Unis plonger contre le pays de Galles . On ne retrouvait plus leur équipe. Ce qui m’étonne, ce sont les crampes, les problèmes de blessures et des joueurs déjà à bout», a-t-il dit au micro de la RTBF.
«Les calendriers ont été resserrés donc faire sept matches sur 28 jours sans parler des prolongations qui pourraient être de 140 minutes si cela continue comme ça, c’est intenable», a-t-il ajouté. L’ancien international anglais Jamie Carragher a pour sa part apprécié. «J’aime ce temps ajouté par les arbitres du Mondial. Il y a trop de temps perdu dans le football !», a-t-il tweeté.
CS
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