Renversé par un coup d'État militaire en septembre 2022, le lieutenant-colonel Damiba s'était réfugié à Lomé, où il vivait depuis sa chute jusqu'à son extradition le 17 janvier 2026 . Il était régulièrement accusé par les autorités burkinabè de tentatives de déstabilisation du régime en place. Paul Henri Sandaogo Damiba est bel et bien arrivé sur le sol burkinabé. Ceux qui doutaient de son l’extradition annoncée le 19 janvier dernier par le pouvoir de Lomé sont enfin rassurés par la confirmation venant de Ouagadougou. Après la confirmation par Lomé de l’extradition de Paul Damiba, la réaction de Ouagadougou était très attendue. Elle est enfin tombée via un communiqué du ministre de la Justice Maître Edasso Rodrigue BAYALA . Le communiqué daté du mardi 20 janvier 2026 détaille les motifs de la demande d’extradition.
Après Lomé, Ouagadougou confirme l’extradition de l’ancien président burkinabè Paul Damiba. Cette deuxième réaction officielle met fin au flou qui persistait. Le ministre burkinabè de la Justice a indiqué que Paul Henri Sandaogo Damiba a été effectivement extradé vers le Burkina Faso, où il répondra des faits qui lui sont reprochés. Il a rappelé qu’une information judiciaire, suivie d’un mandat d’arrêt international contre Paul Damiba, est intervenue à la suite d’une dénonciation portant sur une tentative d’atteinte à la sûreté de l’État. Le tombeur de Roch Marc Christian Kaboré est également cité dans des affaires de « détournement de deniers publics, d’incitation à la commission d’infractions, de blanchiment de capitaux ».
Le parquet a décidé de poursuivre Paul Damiba pour des faits de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement illicite criminel, de corruption, d’incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux. « Ces faits sont prévus et punis par les articles 131-8, 331-1, 332-2, 332-17, 332-24, 614-1, 614-3 du Code pénal burkinabè et les articles 9, 174, 184 à 187, 196 à 199 et 202 de la loi n°046-2024/ALT du 30 décembre 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive au Burkina Faso ».
Il était connu depuis longtemps que Damiba a trouvé refuge au Togo. À partir de ce moment, la procédure devient donc un peu plus simple. À noter également que le Togo entretient de très bonnes relations avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Tout s’est donc déroulé comme une lettre à la poste. Le 16 janvier, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé a donné une suite favorable à la demande d’extradition par l’arrêt n°013/2026 rendu à l’issue d’une audience. « C’est le lieu de traduire, au nom du Gouvernement du Burkina Faso, toute notre reconnaissance aux autorités de la République sœur du Togo pour cette parfaite coopération judiciaire qui illustre les bonnes relations entre nos deux États », a conclu le ministre burkinabè de la Justice.
Du côté du Togo, le Garde des Sceaux, ministre de la justice et des droits humains, Pacôme Adjourouvi relate qu' après examen de la régularité de la requête des autorités bukinabè accusant Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo de détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux, les autorités compétentes togolaises y ont donné telles suites que de droit.
« Conformément à la procédure en matière d’extradition au Togo, Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo a été interpellé le 16 janvier 2026, en exécution du mandat d’arrêt qui faisait corps avec la demande d’extradition reçue, puis écroué », lit-on dans le communiqué. Le Garde des Sceaux, ministre de la justice et des droits humains a précisé que la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé a ensuite été saisie du dossier.
« A l’issue de son audience publique tenue le 16 janvier 2026, cette juridiction a donné un avis favorable à la requête ainsi introduite, sur le fondement de l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, des instruments internationaux auxquels le Togo est partie et des garanties offertes par ces autorités quant au respect de l’intégrité physique et de la dignité de Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo, de ses droits au cours de la procédure, notamment celui d’un procès équitable, et l’absence de la peine de mort. Après cet avis favorable de la chambre d’instruction, Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo a été remis aux autorités de la République du Burkina Faso, le 17 janvier 2026 », a-t-il conclu.
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