Lentement mais sûrement, la mise en place complète du Sénat est en passe d’être effective au Togo, conformément à la constitution de la Vème république en vigueur dans le pays. Selon l’article 10 de la Constitution de la Cinquième République, le Sénat est composé de soixante et un (61) membres, dont deux tiers (2/3), soit quarante et un (41) sénateurs, sont élus par les représentants des collectivités territoriales. Le tiers restant, soit vingt (20) sénateurs, est nommé. À la suite des élections sénatoriales du 15 février 2025 de 41 Sénateurs dont les résultats définitifs ont été publiés le 24 février 2025 par la Cour constitutionnelle, le Président de la République Faure Gnassingbé a designé le 5 mars dernier 20 autres membres pour rendre complet le Sénat. Un acte juridique qui a permis aux 61 membres que compte le tout premier Sénat de l’histoire du Togo d’entamer officiellement ses travaux le jeudi 6 mars 2025 au Palais des Congrès de Lomé. Cette session inaugurale marque une étape déterminante dans la mise en place des institutions de la Ve République.
Présidée par le doyen d’âge, Koudjolou Dogo, conformément aux dispositions légales en vigueur, cette séance solennelle a réuni plusieurs hautes personnalités de l’État, notamment le Premier ministre, Mme Victoire Tomégah-Dogbé, et le Président de l’Assemblée nationale, Kodzo Adedze.
Dans son discours d’ouverture, le doyen d’âge a souligné l’importance de cet événement fondateur pour la consolidation démocratique du pays. « Cette session marque un tournant décisif dans l’organisation institutionnelle du Togo. Elle s’inscrit dans l’application des dispositions de la Ve République et traduit la vision de modernisation et de renforcement démocratique impulsée par le Chef de l’État », a-t-il déclaré.
Cette première session a été consacrée à des étapes essentielles à l’opérationnalisation de la chambre haute. Les sénateurs ont procédé à la vérification des mandats, confirmant ainsi la légitimité des 61 membres du Sénat, dont 41 élus le 15 février dernier et 20 nommés le 05 mars par le Président de la République, Faure Gnassingbé.
La lecture du règlement intérieur provisoire a également figuré à l’ordre du jour, tout comme les discussions relatives à l’organisation des commissions permanentes, chargées d’examiner les projets de loi avant leur soumission au vote.
Cette session inaugurale s’inscrit également dans un effort de légitimation de cette nouvelle institution aux yeux de l’opinion publique. Certains observateurs ont exprimé des réserves quant à la nécessité du Sénat, le considérant comme une charge budgétaire supplémentaire.
A cette occasion, Me Mouhamed Tchassona-Traoré, sénateur et président du Mouvement Citoyen pour la République (MCR), a insisté sur la responsabilité des membres du Sénat dans la démonstration de son utilité.
« Le Togo ouvre aujourd’hui une nouvelle page institutionnelle. Nous avons conscience des débats qui ont entouré la création du Sénat. Il nous appartient désormais de prouver aux citoyens que cette institution a un rôle fondamental à jouer dans l’amélioration de la gouvernance et la consolidation de notre démocratie », a-t-il affirmé.
Cette session prépare également l’élection du Président du SénatParlement et la prise de fonction du Président du Conseil des ministres.
Avec cette avancée institutionnelle, le Togo amorce une nouvelle phase de sa gouvernance, marquée par un bicamérisme visant à renforcer l’efficacité législative et à garantir une meilleure représentativité des collectivités territoriales et des forces vives de la nation.
Le Sénat, une institution de Trop ? En quoi sa mise en place contribuera au bien-être des Togolais ? Voilà des questions qui taraudent l’esprit de certains citoyens avec la mise en place du Sénat dans le processus de décentralisation et de la démocratisation au Togo.
Ces questions, quoique légitimes, méritent d’être posées autrement pour une réponse plus adaptée. Certes, la mise en place et le fonctionnement du Sénat ont un coût. Cependant, il est nécessaire de faire le bilan coût-avantage avant de prendre position. A ce titre, il est opportun de revenir sur les avantages du Sénat. Au-delà de sa contribution dans la mise en place des institutions de la Vème République, le Sénat présente des avantages pour la gouvernance politique, économique et social de l’Etat. Malheureusement, certains de ces avantages ne sont pas nécessairement matériels, ni quantifiables pécuniairement.
D’abord, de l’avis des spécialistes, la mise en place du Sénat participe à « la décentralisation de l’exercice du pouvoir politique de l’Etat ». Faire les lois pour régir la vie en société est l’attribution première et la plus importante de l’Etat. Désormais, l’Assemblée nationale n’a plus le monopole en la matière. Elle partage ses compétences avec le Sénat. Il peut arriver que la majorité à l’Assemblée nationale ne coïncide pas avec celle du Sénat. Dans pareilles circonstances, le pouvoir de légiférer non seulement n’est plus de la seule compétence de la 1ère Chambre, mais il est réparti entre les groupes politiques représentés dans les deux Chambres.
Ensuite, poursuivent-t-ils, le Sénat est une Chambre de régulation de l’activité législative. Il use de ses prérogatives pour réguler le processus d’élaboration des lois en renforçant non seulement leur qualité mais aussi en veillant à ce que les aspirations et préoccupations des citoyens qui ont échappé aux députés soient pris en compte. Le Sénat participe donc à la réalisation du bonheur des citoyens, même si cela n’est pas quantifiable.
De même, l’élection est un moyen de participation des citoyens à l’exercice du pouvoir. L’élection des sénateurs par les conseillers municipaux et régionaux est un moyen de participation des citoyens au processus décisionnel. Ce qui renforce, dans une certaine mesure, le contrôle citoyen de l’action publique.
Par ailleurs, précisent-t-ils, le Sénat dans son fonctionnement, renforce les mécanismes de gouvernance socio-économique du pays. Le gouvernement soumet au Sénat pour débat, les projets, programmes et politiques publiques qu’il élabore. A cette occasion, le Sénat s’assure de la prise en compte des besoins des citoyens, de l’adéquation des politiques publiques de l’Etat aux besoins réels, ainsi que l’impact potentiel de ces politiques publiques sur le quotidien des populations. Le Sénat exerce donc un contrôle a priori des politiques publiques de l’Etat, assorti des suggestions et recommandations.
Enfin, le Sénat renforce la cohésion et la paix sociale, en veillant à l’équilibre dans le développement des collectivités. Représentant les collectivités territoriales, il s’assure du développement équilibré des différentes collectivités territoriales par la prise en compte de leurs diversités en termes de potentialités et défis dans une perspective de renforcement de la justice et de l’équité sociale. Or, la paix et la cohésion sociale sont indispensables pour la mise œuvre de tout projet de développement. L’apport du Sénat dans le fonctionnement et la régulation de la vie en société n’est pas marginal. Au regard de ces quelques avantages, la balance avantages-coûts penche systématiquement vers les avantages. Le Constituant du 6 avril 2024 a donc fait œuvre utile.
Liste des 61 membres du premier Sénat du Togo
1- Me KOFFIGOH Kokou Joseph
2- M. DRAMANI DAMA
3- M.MALLY Komlan
4- M.BARQUE Barry Moussa
5- M. AYASSOR Adji Oteth
6- Me SESSENOU Kwadjo Fiatuwo
7- M. AKOUETE Yawovi Beleki
8- Mme DIDONOU Akpenè
9- M. KOLANI Lardja
10- M. KABOUA Essokoyo Abass
11- M. ALIPUI Senanu Koku
12- M. KAGBARA Uleija Y.M. Innocent
13- Me TCHASSONA TRAORÉ Mohamed
14- Mme ABOUGNIMA K.Molga
15- M.AZIABLE Koami Nukunu
16- Mme BALOUKI- LEGUEZIM Bernadette
17- Mme BATIKRANA Kpenta épouse BALAKA
18- M.BOURAIMA Inoussa
19- Mme DANGBUI Afi Xolali Pascaline
20- M.JOHNSON Togbui Ampah
21- Mme KOUVAHEY Amoko Holadem
22- Mme KPEGBA Kafui
23- Mme LAMBONI- KABISSA Issoyotou
24- Mme SANKAREDJA Moni épouse SINANDJA
25- Mme SANT’ANNA Edwige Clara Ayawavi veuve AYAYI – ATAYI
26- Mme KPODO Adzoa
27- Mme BANYBAH Afiwavi Enyonam Vicenzia
28- ATSOU Ayao
29- AFANGBEDJI Komlavi Sedoufia
30- OLYMPIO Adeblewo Kossi
31- AQUEREBURU Alexis John Coffi Darwin
32 – ALONYO Anani Akoete
33- AGBABLI Koffi
34- GOMADO Kwami
35- PANIAH Koffi Agbenoxevi
36- BLAMCK Koffi Leeye
37- OGOUHOUNDE Kokou
38- AGBEFLE Koffi Ganyo
39- AGO BAZAA Bawbady
40- ADADJI Koffi Efanam
41 – ATUTONU Amah
42- APETSIANYI AGBOBLI Eli Dela
43- SOSSOU Viwoto Sewonou Yaovi
44- OTIMI Kossiwa Nemonha
45- GNAHOUAME Atchou
46- MAGNETINE Assindah
47- AMELETE Bawoumondom
48- CISSE Alilou SAM- DJA
49- BAH- TRAORE Babadogo
50- DJATO Tassounti
51- DOGO Koudjolou
52- YAGNINIM Bitokotipou
53- NASSOU Alouadjou Katou
54- WALLA Edjaide Pehena Paganao
55- KANKPE – KOMBATH Gnitiguine Boule
56- SAMBIANI Yentema Augustin
57- BOLAL Gnoate
58- DE POUKN Montode
59- LAMBONI Mindi
60- BARNABO Nampoukime
61- AGBEBOUME Kossi
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