Les manifestations de protestation organisées par des blogueurs de la diaspora togolaise en Occident, avec certains partis de l'opposition et des organisations de la société civile togolaise, le samedi 30 août dernier, ont été un échec retentissant. Du sport matinal aux célébrations de mariages, en passant par la densité de la circulation et l'ouverture des magasins et boutiques, tout le monde a vaqué librement à ses occupations quotidiennes. Ce constat visible, relevé par certains médias, est malheureusement considéré comme un travestissement de la réalité ou “faute professionnelle”.
S’en prendre aux journalistes qui ont choisi, comme angle, l'échec de la manifestation, en les accusant de “faute professionnelle”, est une fuite en avant et une méconnaissance du métier de journaliste. S’il est vrai que, pour des raisons de sécurité, l’État avait déployé les forces de l'ordre dans les rues de Lomé pour renforcer la sécurité et assurer la protection des populations, il faut aussi reconnaître que les Togolais ont foulé au pied la manifestation du 30 août passé. D'ailleurs, si la mobilisation avait été massive, aucun barrage n’aurait suffi à cacher la foule. Les faits sont là : la population n’a pas suivi. La presse, qui l’a constaté, n’a fait que son travail.
L'indépendance des médias et la liberté d'expression, dont tous les Togolais appellent de tous leurs vœux, passent aussi par le respect et l'acceptation de l’angle et de la ligne éditoriale des journalistes de tout bord. L’exemple des “Gilets jaunes” en France nous renseigne que certains médias montraient la colère populaire, d’autres insistaient sur les violences, et d’autres encore sur l’essoufflement du mouvement. Qui a travesti la réalité ? Personne. Chaque rédaction a choisi un angle. C’est la liberté de la presse.
Au lieu de s'acharner sur les médias, les frustrés de l'échec des manifestations du 30 août 2025 feraient mieux de revoir leur stratégie de lutte.
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