L'équipe nationale du Football senior du Togo, les Éperviers du Togo en manque de succès depuis des années, poursuit la recherche d’un ensemble compétitif à travers des projets de reconstruction entamés après la coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2013. Cette reconstruction de l'équipe menée par la fédération togolaise de football dirigée depuis 2016 par le Col Guy Akpovy est en grande partie basée plus sur la recherche des binationaux que sur la formation à la base.
Après plus de quinze ans, cette manière de reconstruction de l’équipe nationale à partir des expatriés est soldée par un fiasco. Et pour preuve, le Togo est absent consécutivement trois fois à la CAN et deux fois à la coup du monde. Si jusqu'à présent les Eperviers du Togo peinent à se relever malgré la présence des binationaux, c’est que ces derniers choisissent généralement le Togo par défaut et non par amour patriotique. Ils optent malgré eux pour la plupart de jouer pour le Togo après des démarches, de négociations voire de supplications et surtout lorsqu’ils avancent en âge sans être convoqués par leurs pays de naissance ou par d'autres sélections de leur choix . Ce faisant, ces binationaux arrivent dans le nid des Eperviers déjà diminués moralement et par l’âge, ce qui ne permet pas d'avoir des résultats escomptés. Le cas Khaled Narey, Gilles Sunu,Charles Abi, des frères Dossevi, et autres qui n’ont rejoint la sélection nationale que vers la fin de leur carrière footballistique est révélateur . Nonobstant, la Fédération togolaise de football continue malheureusement de poursuivre à travers le monde, des joueurs dont la sélection nationale du Togo n’est pas une priorité notamment Lilan Brassier, Alexis Vossah, Lorenzo Assignon et bien d'autres binationaux qui n'attendent que leur convocation à l'équipe nationale de la France ou d’ailleurs. Il est temps que la FTF change de fusil d'épaule pour miser plus sur la formation à la base via les écoles de Football nationale, des championnats scolaires réguliers, des championnats U-15, U-17, U-19 U- 20 et U-23, et la mise en place des équipes nationale dans chaque catégorie sans oublier l’implantation des infrastructures sportives. Le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Maroc, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, le Burkina Faso etc, l'ont fait et aujourd'hui les résultats sont satisfaisants. Même s'ils font appel aussi aux binationaux, la plupart de leurs joueurs sont passés par les centres et les écoles de football de leur pays.
Ceci permettra non seulement d'avoir une équipe solide et patriotique mais aussi évitera à la FTF d'être à chaque fois tournée en bourrique ou de se faire humilier par les binationaux et leurs entourages comme c'est le cas actuel de Marvin Senaya.
Marvin Senaya convoqué simultanément par les Éperviers et les Black Stars
En effet, dans le cadre des journées FIFA de mars 2026, le nouveau sélectionneur des Éperviers du Togo, Patrice Neveu, a fait appel, dans sa toute première liste des joueurs convoqués, au latéral droit de l’’Auxerre , Marvin Senaya. Or le joueur est aussi éligible avec les Black Stars du Ghana et est bel et bien convoqué par le sélectionneur Otto Addo pour les journées FIFA de mars 2026 et probablement pour le mondial à venir. Cette situation a suscité de vives polémiques .
L’ attente de Patrice Neveu
Face aux interrogations persistantes autour de la disponibilité du joueur, le technicien français a apporté des précisions le jeudi 19 mars, devant la presse tout en adoptant une posture prudente. Selon lui, un échange direct a bien eu lieu avec le défenseur, qui aurait donné son accord de principe pour rejoindre la sélection togolaise. « J’ai discuté avec Senaya, il m’a donné son OK. Mais s’il y a autre chose, je n’en sais pas. On l’attend au prochain regroupement. S’il ne vient pas, on fera le constat », a déclaré le sélectionneur.
En attendant, le staff togolais reste suspendu à la présence effective de Marvin Senaya lors du prochain rassemblement. Pour Patrice Neveu, l’essentiel reste désormais de constater les faits sur le terrain, à l’ouverture du stage. Mais l'attente ne durera que quelques heures .
Marvin Senaya choisit finalement les Black Stars
Convoqué simultanément par le Togo et le Ghana, Marvin Senaya a finalement levé toute équivoque en officialisant son choix de représenter les Black Stars. C’est via son compte Instagram officiel que le joueur s’est exprimé, peu après la publication de la liste des Éperviers du Togo dans laquelle il figurait pourtant. Dans un message sans ambiguïté, il a acté sa décision : « Je suis profondément honoré d’avoir été choisi pour représenter mon pays. Le Ghana est une grande nation de football, riche en histoire, et je suis heureux d’avoir été appelé à le représenter. Je le ferai avec fierté, loyauté et patriotisme.
Quand Yao Mawuto Senaya le père du joueur tacle la FTF.
Du côté des parents du joueur , on pointe du doigt le manque de professionnalisme de la part de la Fédération Togolaise du Football et du staffe technique.
Invité sur une radio locale, Yao Mawuto Senaya a tenu à clarifier les enjeux. Il rappelle d’abord que le choix de son fils n’a rien de simple. Né en France, d’origine togolaise et également éligible pour le Ghana par ses grands-parents, le joueur dispose de plusieurs options sur le plan international.
Selon lui, le Togo avait déjà approché son fils par le passé. Mais à cette période, la priorité était donnée à sa progression en club. Entre blessures et périodes de prêt, la famille avait fait le choix de privilégier la stabilité et le développement sportif.
Pendant ce temps, le Ghana aurait su avancer avec un projet jugé plus structuré et plus cohérent. Un élément qui semble aujourd’hui peser dans la balance.
Mais ce sont surtout les récents événements qui alimentent la controverse. La Fédération togolaise est critiquée pour un manque de communication. Yao Senaya affirme n’avoir reçu aucun contact officiel récent, malgré la convocation de son fils. Il s’étonne également de voir le nom du joueur circuler dans les médias sans échange préalable avec la famille. Une situation qu’il juge inappropriée et peu professionnelle.
Le ton monte alors d’un cran.
L’ancien international togolais dénonce des méthodes qu’il considère inadaptées, estimant qu’un joueur ne devrait pas être convoqué sans concertation.
Malgré tout, Yao Senaya tient à rappeler son attachement au Togo et sa fierté d’avoir représenté le pays. Il insiste cependant sur un point essentiel : la décision de son fils devra être guidée par sa carrière et ses perspectives, et non par des considérations émotionnelles. Le dossier reste ouvert, mais sauf retournement de situation, il pourrait pencher en faveur du Ghana.
Sortie médiatique incompréhensible de Yao Senaya
Cependant, cette sortie médiatique de Yao Mawuto Senaya, s’érigeant en censeur du professionnalisme de la Fédération togolaise de football (FTF), suscite une vive incompréhension. En pointant du doigt la gestion du dossier de son fils, Marvin Senaya, le géniteur semble occulter les réalités éthiques et les limites structurelles qui régissent le football international moderne.
Il est impératif de remettre les faits dans leur contexte : ni le manager des Éperviers, Serge Akakpo, ni l’administration fédérale ne disposent de moyens de coercition pour dicter la trajectoire d’un joueur binational. Vouloir imputer à la FTF le choix spectaculaire d’un athlète lié au Togo par le cordon ombilical mais qui cède aux sirènes ghanéennes relève d’une analyse au mieux biaisée, au pire malhonnête.
L’instance faîtière a scrupuleusement rempli sa mission de détection, d’approche et de contact. Cependant, une fois le travail administratif et relationnel accompli, le choix final appartient exclusivement au joueur et à son entourage.
Le « professionnalisme » réclamé par Mawuto Senaya ne saurait impliquer des méthodes d’un autre âge, car la Fédération ne dispose d’aucun pouvoir légal ou physique pour contraindre un joueur à rejoindre les Eperviers contre son gré, pas plus qu’un protocole administratif, aussi rigoureux soit-il, ne peut agir sur les ressorts patriotiques d’un individu si sa propre conscience ne l’y incline pas naturellement.
Blâmer les responsables togolais pour les hésitations ou les calculs d’un joueur, c’est feindre d’ignorer que l’engagement national est d’abord une affaire de conviction intime et de parole donnée.
Il est pour le moins paradoxal d’exiger une excellence institutionnelle tout en cautionnant un “double jeu” qui érode la crédibilité sportive du joueur concerné. Le parcours de Marvin Senaya, marqué par un engagement fluctuant entre deux nations, illustre une dérive regrettable où le calcul circonstanciel semble l’emporter sur la force de l’identité nationale.
Marvin Senaya chez les Black Stars, un choix trop risqué
Après les critiques émises par certains observateurs ghanéens sur la légitimité de son intégration chez les Black Stars, des voix togolaises s’élèvent à leur tour pour questionner la pertinence de ce choix.
Parmi elles, celle de Fabrice Petchezi, journaliste togolais, directeur de publication du journal Le Libéral et président de l’Observatoire togolais des médias (OTM), qui livre une analyse sans complaisance de la situation. Pour lui, la décision du latéral droit de l’AJ Auxerre de tourner le dos aux Éperviers au profit du Ghana relève d’un pari aux contours incertains.
« C’est un choix trop risqué à mon avis », affirme-t-il, avant d’exprimer ses doutes quant à l’avenir du joueur au sein de la sélection ghanéenne. « Je doute qu’il soit titulaire au sein des Black Stars et j’espère que ça ne va pas se limiter à une ou deux sélections », ajoute-t-il.
Ces propos traduisent une inquiétude réelle : celle de voir un jeune joueur, encore en quête de confirmation au plus haut niveau, s’engager dans un environnement extrêmement concurrentiel, où la place de titulaire est loin d’être acquise. Dans un contexte déjà marqué par les critiques du journaliste ghanéen Countryman Songo qui s’interrogeait sur l’intérêt d’intégrer « un joueur togolais » dans l’équipe nationale du Ghana, l’analyse de Fabrice Petchezi vient renforcer l’idée d’un choix contesté des deux côtés.
Au-delà de la polémique, ces réactions convergent vers une même interrogation : Marvin Senaya a-t-il réellement mesuré les implications sportives et stratégiques de sa décision ? Entre l’opportunité d’un rôle central dans un Togo en reconstruction et la concurrence féroce au sein d’un Ghana historiquement dominant, le pari semble loin d’être garanti. Désormais, le terrain sera le seul juge. Mais comme le souligne implicitement Fabrice Petchezi, le risque pour le joueur est clair : celui de voir un choix ambitieux se transformer en simple passage éclair sous les couleurs des Black Stars.
Ce dossier illustre une fois de plus les enjeux liés aux binationaux dans le football africain, où les choix de carrière internationale peuvent parfois évoluer jusqu’à la dernière minute. Au niveau de la FTF, dans sa quête d’excellence pour les Eperviers, elle se doit de bâtir l’avenir avec des profils dont l’attachement au maillot jaune est indéfectible, sincère et, surtout, non sujet à caution.
Fenêtre FIFA de mars 2026
Les Éperviers du Togo affronteront la Guinée le 27 mars 2026, avant de croiser le Niger le 31 mars. Ces deux rencontres se joueront au Maroc. Elles serviront de véritable banc d’essai pour jauger le niveau de cohésion du groupe et ajuster les options tactiques du staff technique.
Liste complète :
Gardiens :
Steven Mensah, Mazamesso Kagbatawouli, Achirafou Yaya, Malcolm Barcola.
Défenseurs :
Dakonam Djene, Kennedy Boateng, Steven Nador, Abdoul-Sabourh Bode, Yannis Lawson, Pierre Nadjombe, Josué Homawoo, Loïc Bessilé (forfait) , Izak Akakpo, Faad Sana, Sharani Zuberu.
Milieux :
Kodjo Aziangbe(forfait) , Roger Aholou, Halid Djankrata, Dermane Karim, Sadik Fofana.
Attaquants :
Kevin Denkey, Charles Abi, Kodjo Fo-Doh Laba (forfait et remplacer par Thibaut Klidjè) , Mansour Ouro-Tagba, Idjessi Metsokon
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire