L'édition 2026 de la Journée internationale des arts célébrée chaque 15 avril a été marquée à l’Association ART HERITAGE CULTURE par une conférence débat. Placés sous le thème "L’Art à l'ère des réseaux sociaux", les échanges menés sous la présidence de Mme Atafèinam BELEI, promotrice Culturelle, et Présidente de l’Association ART HERITAGE CULTURE, qui avait à ses côtés la cinéaste Martine A. BYLL , Kokou Ekouagou Artiste Plasticien , Consultant ,Manager Culturel ont permis de relever les défis et les atouts du secteur artistique face à la prolifération des réseaux sociaux.
Aujourd’hui, un artiste peut devenir célèbre depuis sa chambre, armé simplement d’un smartphone et d’une connexion internet. Ce qui relevait autrefois d’un long parcours dans les galeries ou les institutions culturelles est désormais accessible en quelques clics. Des plateformes ont profondément transformé notre manière de créer, de diffuser et de consommer l’art. C’est dans cette optique que ce cadre d'échange et d'orientation sur l'utilisation efficiente des réseaux sociaux s’est tenu avec la participation de plusieurs artiste splasticiens de Lomé.
Les réseaux sociaux sont-ils une révolution bénéfique pour les Artistes, ou représentent-ils une nouvelle forme de contrainte ?
Dans un riche exposé l’Artiste Plasticien , Consultant ,Manager Culturel, Kokou Ekouagou a fait remarquer qu’"aujourd’hui, nul n’a besoin d’attendre l’approbation d’une galerie ou d’un critique d’art pour se faire connaître. Les artistes peuvent partager directement leurs œuvres avec le monde entier, toucher un public diversifié et construire leur propre communauté. Cette accessibilité est une véritable opportunité, notamment pour les jeunes artistes et ceux issus de régions longtemps sous-représentées sur la scène artistique internationale. Elle permet de révéler des talents qui, autrement, seraient restés dans l’ombre".
Cependant, cette visibilité repose en grande partie sur un acteur invisible mais puissant : l’algorithme.
Il favorise dit-il les contenus qui génèrent de l’engagement: les "likes", les partages, les commentaires et pousse ainsi les artistes à adapter leur production à ces critères. Ce faisant l’artiste ne crée plus seulement pour exprimer une vision, mais aussi pour plaire à un système.
Parmi les avantages, on peut citer la visibilité mondiale instantanée, l’autonomie accrue des artistes, la possibilité de monétiser leur travail, et surtout, une interaction directe avec le public. L’artiste n’est plus isolé. Il dialogue, échange, construit une relation vivante avec son audience. Mais cette réalité a aussi ses limites, a fait remarquer Ekouagou. La première est la saturation. Des millions de contenus sont publiés chaque jour, rendant la visibilité plus difficile malgré l’accessibilité.

Ensuite, la dépendance aux plateformes peut fragiliser les artistes, dont la visibilité peut disparaître du jour au lendemain en fonction des changements d’algorithmes. Il existe également des risques de plagiat, de reproduction non autorisée des œuvres, et une pression constante à produire du contenu, parfois au détriment de la qualité et de la profondeur artistique. Un autre aspect essentiel de cette transformation concerne l’influence des tendances virales sur la création artistique.
Aujourd’hui, les tendances ou “trends” jouent un rôle majeur. Elles orientent les formes, les styles, et même les messages artistiques. Certains créateurs adaptent volontairement leur travail pour correspondre à ce qui est populaire, dans l’espoir de devenir viraux. Cela peut conduire à une forme d’uniformisation, où les œuvres se ressemblent, où l’originalité est parfois mise de côté.
En conclusion il ressort que, les réseaux sociaux ne sont ni entièrement une bénédiction, ni totalement une menace. Ils sont un outil puissant, qui peut amplifier la voix des Artistes comme il peut aussi la contraindre. Tout dépend, finalement, de la manière dont ils sont utilisés.
Abondant dans le même sens, Mme Atafèinam BELEI. souligne que les réseaux sociaux sont des couteaux à double tranchants. "Les réseaux sociaux peuvent constituer un atout pour les artistes s’ils exploitent l'outil positivement pour assurer la promotion de leur carrière. S’ils l'utilisent négativement, ça ne serait plus un atout mais quelque chose qui va contribuer à noyer la carrière de l’artiste parmi des millards et des milliards d’informations qui sont disponibles sur les réseaux sociaux ". Elle a invité les artistes à faire un distinguo entre la carrière de l'artiste et la promotion des Arts. La promotion des Arts dit-elle, incombe aux professionnels des Arts et aux autres mais la promotion de la carrière de l’artiste incombe à l'artiste lui même.
Rappelons que le 15 avril, Journée mondiale des arts, a été choisie et soutenue depuis 2012 par l’ONU en hommage à Léonard de Vinci, un génie de l'art et de la créativité. L'objectif de cette journée est de promouvoir l'art sous toutes ses formes, de sensibiliser à son importance dans la société et de célébrer la créativité humaine.
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