Après 5 ans, le Togo s'est encore présenté devant le
Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies à Genève en Suisse le 24
janvier dernier pour son rapport national au titre du troisième cycle de
l'Examen Périodique Universel (EPU). La délégation a été conduite par le
ministre des Droits de l'Homme, de la Formation à la Citoyenneté, des Relations
avec les Institutions de la République, Porte-parole du gouvernement, M.
Christian Eninam Trimua.
Après une présentation brillante par ce dernier, les pays
examinateurs ont félicité le gouvernement togolais pour les progrès enregistrés
dans la mise en œuvre des recommandations faites lors de l'examen précédent en
2016.
Toutefois, ils ont formulé une panoplie de
recommandations l'invitant à poursuivre dans la même dynamique, à revoir la
législation pour promouvoir davantage les Droits de l'Homme dans tous les
domaines et lutter contre les pratiques discriminatoires. Ils l'ont
particulièrement encouragé à poursuivre les efforts dans le sens du
renforcement de la lutte contre la pauvreté, telle qu'inscrite dans le Plan
National de Développement (PND), surtout en cette période marquée par la
pandémie de la COVID-19.
Le rapport présenté couvre la période de 2016-2021 et
s'articule autour de quatre points à savoir : la mise en œuvre des
recommandations acceptées, celles notées et les difficultés liées à la mise en
œuvre des recommandations, ainsi que les attentes et les besoins d'assistance.
Dans une déclaration liminaire, le ministre en charge des
Droits de l'Homme, Porte-parole du gouvernement, M. Christian Trimua, a fait le
point des progrès enregistrés dans la mise en œuvre des 167 recommandations
acceptées et les 28 recommandations notées sur les 195 formulées à l'endroit du
Togo en 2016. Des initiatives ont été prises pour donner effet aux
recommandations acceptées et renforcer la coopération avec les mécanismes
onusiens des Droits de l'Homme, l'harmonisation de la ratification des
instruments internationaux relatifs aux Droits de l'Homme, l'harmonisation de
la législation avec les instruments ratifiés et l'adoption des politiques ou
programmes nationaux ou sectoriels.
Selon le ministre, en ce qui concerne la mise en œuvre
des recommandations acceptées, le Togo a, dans le cadre du renforcement de la
coopération avec les mécanismes internationaux et régionaux des Droits de
l'Homme, présenté plusieurs rapports relatifs aux droits civils et politiques
en 2021 à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains et dégradants en 2019 et à la Convention internationale sur
l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale en novembre 2016.
« (…) Qu'il s'agisse de la lutte contre la torture ou des arrestations et
détentions arbitraires, le gouvernement prend continuellement des mesures
pratiques pour éviter des défaillances. C'est ainsi que l'inspection générale
des services de sécurité a vu ses pouvoirs renforcés et effectue des contrôles
dans les locaux de garde à vue. Ses actions sont complétées entre autres par
celles de la CNDH qui effectue des visites régulières et inopinées dans les
lieux de privatisation de liberté », a fait savoir la délégation dans son
rapport. Il a soumis en 2019, les 5e et 6e rapports périodiques sur la
convention relative aux droits de l'enfant concernant l'implication des enfants
dans les conflits armés.
En matière d'acceptation des normes internationales,
le Togo a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux de promotion
des droits et de protection des Droits de l'Homme des Nations Unies et d'autres
conventions à l'instar de celles relatives au statut des apatrides de 1954 et à
la convention des cas d'apatridie de 1961. En dehors de ces ratifications,
l'Assemblée nationale togolaise a adopté en 2020, la loi autorisant la
ratification du protocole à la charte africaine des Droits de l'Homme relatif à
la protection des personnes âgées en 2021, celle autorisant la ratification de
la convention sur le cyber sécurité et la protection des données à caractère
personnel de Malabo. Pour mieux intégrer ces normes internationales en matière
des Droits de l'Homme, le Togo s'est engagé dans un vaste processus de réformes
constitutionnelle et législative marquée par l'adoption de plusieurs lois. Le
cadre institutionnel a connu aussi plusieurs avancées en matière de gouvernance
démocratique avec la mise en place et le renforcement des institutions
constitutionnelles.
Ensuite, il est allé en détail des initiatives de
renforcement du leadership féminin et les droits des détenus. Ce volet a
beaucoup épaté les pays examinateurs pour les efforts enregistrés par le Togo
ces cinq (05) dernières années.
Globalement, le pays du président Faure Gnassingbé s'en
sort avec des ovations et des encouragements. Des recommandations ont été
formulées au pays dans plusieurs domaines.
En matière de démocratie et d'Etat de droit, le Togo a
été invité entre autres à revoir sa législation en vue de garantir le droit à
la liberté d'expression, et de la presse, à garantir les droits de réunion
pacifiques en modifiant les lois qui limitent ce droit et améliorer les
conditions de détention carcérale.
Carole AGHEY
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