Tout Etat sérieux qui se veut
démocratique et soucieux de l'épanouissement de son peuple à l'instar du Togo,
ne peut se passer du renforcement des mécanismes du développement à la base. Et
dans l'optique de poursuivre le processus de la décentralisation enclenché depuis le 30 juin 2019 par la tenue des
élections municipales, le gouvernement togolais s'active pour la tenue des élections régionales dans les mois à
venir. Cet engagement de l'État togolais qui devrait réjouir la classe de
l'opposition qui a longtemps accusé les gouvernants de fuir les élections
locales ne suscite guère l'enthousiasme de cette classe politique. Force est de
constater que certains partis de l'opposition par leurs mesquineries et leurs
calculs politiciens appellent toute l'opposition à ne pas adhérer à ce
processus. Face à ce comportement qu'on pouvait appeler une énième erreur de
l'opposition, Me Zeus Ajavon , malgré sa
retraite politique est monté au créneau.
Malgré plusieurs défaites politiques
au sein de l'opposition togolaise dues aux boycott électoraux, certains partis
notamment le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR) et le mouvement politique
dénommé Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) continuent de faire la promotion de
cette mauvaise politique. Pour éviter que l'Alliance Nationale pour le
Changement (ANC) déjà victime du boycott de l'élection législative de 2018, ne
tombe plus dans les travers des activistes de la DMK qui s'attaquent à tous les
partis de l'opposition qui se préparent à prendre part à la prochaine élection
régionale, Me Zeus Ajavon a mis fin à sa retraite politique et s'est invité au
meeting de sensibilisation et de remobilisation de l'ANC le dimanche 24 avril
2022 sur le terrain d'Akassimé.
A cette occasion, l'avocat a d'abord
fait de vives remontrances aux entités de l'opposition togolaise qui sont
contre les prochaines élections régionales initiées par le gouvernement non
seulement pour répondre aux exigences démocratiques mais surtout pour le bien
être de la population.
Alors qu'il a juré de ne plus se
prononcer sur les questions politiques dans notre pays à cause des déceptions
dues aux incohérences de ses amis de l'opposition, l'ancien coordonnateur du
Collectif Sauvons le Togo (CST) a décidé de sortir de sa réserve suite aux
positions exprimées par la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK) et le Comité d'action
pour le renouveau (CAR) contre l'organisation des prochaines élections au
niveau des régions.
« Lorsque
j'ai appris que des gens disent qu'on ne doit pas aller aux élections, mon sang
n'a fait qu'un tour. Cela ne se passera pas comme ça. Cela va nous arriver
encore ? Nous devons prendre part aux élections des municipales aux
présidentielles, en passant par les régionales et les législatives. Ce n'est
que comme ça qu'on arrivera à gagner la présidentielle », a-t-il lancé aux
militants de l'ANC, extasiés par les déclarations de cet avocat.
Ces propos
de l'homme de droit apportent sans nul
doute de l'eau au moulin de l'ANC qui
avait déjà affirmé qu'elle ne boycottera plus d'élections au Togo. C'est dans
ce sens d'ailleurs que le parti de Jean-Pierre Fabre a envoyé sans hésiter un
représentant à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Me Ajavon s'en est pris avec
véhémence à ces formations politiques qui réclament que le contentieux électoral
de la présidentielle de février 2020 soit résolu. « Les contentieux électoraux
depuis 2003 ne sont pas vidés. Ce n'est pas celui de 2020 qui le sera… Il
n'appartient pas au pouvoir de solder un contentieux électoral. C'est plutôt à
l'opposition, à travers sa lutte, d'obtenir cela », a-t-il martelé.
En effet pour le CAR et la DMK,
l'urgence n'est pas pour l'élection régionale mais plutôt à la revendication de
la prétendue victoire de son candidat Agbéyomé Kodjo à l'élection présidentielle de février 2020.
Omniprésent sur la scène
socio-politique depuis les années 1990, Me Zeus Ajavon a révélé aux militants
de l'ANC qu'à la conférence nationale souveraine, il avait milité pour une
participation de l'opposition à toutes les élections, des municipales à la
présidentielle en passant par les régionales et les législatives.
« Ce n'est que comme ça que
l'opposition parviendra au pouvoir. Mais, certains se sont opposés à cette idée
en disant que tout doit commencer avec la présidentielle», se remémore-t-il.
Rappelons que l'ancien coordonnateur
du CST n'a jamais accordé du crédit ni à
la création de la DMK ni au choix de Agbéyomé Kodjo comme candidat à la
présidentielle de 2020.
Daniel A.
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