La surcharge est l’une des causes fondamentales des accidents de circulation dans notre pays. Cette situation qui met en mal les efforts du Togo en matière sécuritaire et des infrastructures routières, ne laisse pas indifférentes les plus hautes autorités du pays. Dans cette optique, le gouvernement a, via la SAFER mis des bouchées doubles pour d’une part sensibiliser les conducteurs sur les dégâts dangereux que causent les surcharges et d’autre part pour contrôler puis punir les contrevenants à l’interdiction des surcharges. Ceci à travers plusieurs mécanismes efficaces mises en place par SAFER et diffusés en documentaire sur les médias publics.
Les gros porteurs, généralement perdent l’équilibre surtout lorsqu’il s’agit du chargement hors gabarit. Ils ne peuvent plus même voir clairement à travers leurs rétroviseurs. Il leur est difficile de faire des manœuvres et dans ces conditions ils perdent le contrôle et cela occasionne des accidents. Généralement lorsqu’ils perdent le contrôle, très souvent ils se renversent , parfois lors que le conducteur perd le contrôle ou la direction, son engin peut entrer facilement en collision avec un véhicule qui vient d’en face. Or en-dehors de la sécurité, les surcharges des véhicules dégradent véritablement nos routes. L’infrastructure routière constitue en elle le développement démocratique. Sa construction tout le temps très coûteuse, nécessite une protection maximale et un entretien régulier. Comment faire alors pour éviter les surcharges sur nos routes ? à travers son slogan» halte aux surcharges, ensemble protégeons nos routes», l’installation du poste de contrôle de DJEREHOUYE à environ 8km de la ville d’Atakpamé et un autre dispositif sophistiqué mobile de contrôle, la Société Autonome de Financement et de Entretien Routier (SAFER) mène un combat sans merci contre ce phénomène.
Depuis décembre 2014, le Togo dispose d’un poste de contrôle sur la route nationale N°1. Ce poste de charges à l’essieu sis à DJEREHOUYE procède au contrôle de camions gros porteurs qui sont en transit. Tout camion en direction du septentrion ou du Sud du pays est systématiquement soumis au pesage afin de connaitre son poids réel. Il suit donc plusieurs circuits avant de continuer son trajet s’il respecte les normes réglementaires. Tout d’abord, le véhicule doit passer sur la rampe pour la pesée sous l’œil vigilant d’un agent d’appui. Cette étape permet non seulement de déterminer le poids du véhicule mais aussi de mettre en réaction le système de renseignements qui donne les informations sur la provenance du camion, l’identité du conducteur, les pièces, du contenu, celles du véhicule et de sa destination. C’est l’étape où l’on vérifie la conformité des dimensions du gabarit, le poids avec les normes établies par l’autorité. Aussi faut-il le dire, la vitesse maximale pour passer sur la rampe est de 5km/h. Tout véhicule qui excède cette vitesse au passage sur la rampe est obligé de repasser cette étape. A la fin de cette étape, une fiche de contrôle est délivrée au conducteur.
Après cette étape, le conducteur passe ensuite devant les agents de vérification avec la fiche délivrée à l’opération de pesée. Ces agents sont chargés de vérifier la conformité des informations figurent sur la fiche aux normes de réglementation. Si le véhicule est en règle, alors il peut continuer son parcours. Dans le cas contraire, il est interdit de continuer son trajet jusqu’à ce que sa situation soit régulée. Sur ce dernier point, le Règlement 14 de l’ Uemoa a prévu des sanctions contre les véhicules qui se trouvent dans ces irrégularités. C’est les cas des surcharges qui sont récurrentes sur les routes que ce soit sur le plan national ou dans les autres pays de la sous-région. Le Togo également veille à l’application de ces sanctions.
Des pénalités pour les cas de surcharge
Dans le protocole de l’UEMOA, la surcharge est un délit. Et cette infraction est punie par le règlement 14. Au poste de contrôle de DJEREHOUYE, des cas de surcharge sont également connus grâce au système de contrôle. Ces cas sont soumis à des traitements suivant la gravité de l’infraction.
Après contrôle du gabarit et des poids, les véhicules en situation de surcharge doivent payer une amende. Seuls les camions dont la surcharge s’élève à moins de quatre tonnes sont autorisés à payer cette pénalité et continuer leur trajet. L’amende est versée en fonction de 20000f CFA par tonne pour les véhicules dont le trajet s’arrête sur le plan national. Quant aux véhicules qui ont pour destination les autres pays de la sous-région ou encore au-delà de l’espace communautaire, ils sont soumis à une pénalité de 60000f CFA en fonction du nombre de tonne de surplus. Tout payement d’amende est subordonné à la délivrance d’un reçu. Et c’est de droit que les contrevenants doivent le réclamer.
Ces tarifs ne sont pas une invention des autorités togolaises. Ils sont prévus par le Règlement 14 de l’UEMOA à son article 14.6 alinéa a-2. D’autres sanctions sont également prévues par ce Règlement à l’instar du refus de contrôle. Tout refus délibéré du conducteur d’un véhicule de passer sur le pont bascule ou sur le pèse essieu est sanctionné d’une amende de 100000f CFA indépendamment des autres mesures coercitives applicables, a prévu le règlement.
L’extrême surcharge
Est jugé en extrême surcharge tout camion dont la surcharge dépasse la barre de quatre tonnes. Dans ce cas, le véhicule est interdit de poursuivre son trajet. Le conducteur ne peut plus mettre le véhicule en circulation ni payer une quelconque pénalité pour surcharge. La seule possibilité qui s’offre au conducteur de ce véhicule, est de procéder obligatoirement à l’opération de décharge du surplus peu importe la marchandise. Il a donc l’obligation de délestage des surcharges et de correction de gabarit. Ceci étant fait, il attend sur le site jusqu’à l’organisation d’un convoi par le poste de contrôle. Ce n’est pas facile d’après les responsables du site de gérer ces situations. La personne en infraction est toujours réfractaire aux sanctions et pénalités. Les pénalités sensibilisent à elles seules les contrevenants qui adoptent de plus en plus des comportements responsables.
Certes, les camions après avoir déchargé le surplus, étaient autorisés à continuer leur trajet. Cependant, au fil du temps, les responsables de la SAFER se sont rendus compte des manœuvres frauduleuses qui s’installent sur les routes. Des manœuvres créées et entretenues par des conducteurs de camions gros porteurs. En effet, les conducteurs en infraction après avoir déchargé l’excédent de chargement du véhicule et le mettre dans les limites autorisées et obtenu l’autorisation de partir, passent par certains canaux pour recharger encore leurs camions et continuer le trajet en état d’extrême surcharge. C’est ainsi que des sites sauvages de rechargement se sont créés sur la Nationale N°1.
Pour donc lutter contre ce phénomène et proscrire tout acte de fraude allant dans ce sens, les premiers responsables de la SAFER ont depuis quelques temps, institué un mécanisme de convoi.
Celui-ci consiste à convoyer les camions se trouvant dans la situation d’extrême surcharge jusqu’à Cinkassé sous la surveillance des agents de sécurité, de la Direction des transports routiers et des agents de la SAFER.
Désormais tous les camions se trouvant dans ce cas ne sont plus autorisés à partir même après avoir déchargé le surplus. Ils resteront sur place jusqu’à l’organisation d’un convoi par la SAFER.
Aussi, les réflexions sont-elles en train d’être menées pour proscrire des cas de récidive. Trouver donc les mesures dissuasives pour ceux qui à chaque fois se trouvent en situation d’extrême surcharge. Pour l’heure, ils sont soumis à la prise d’engagement pour ne plus commettre la même infraction. Les frais d’organisation du convoi sont imputables aux propriétaires des véhicules. Ces frais sont répartis en fonction des véhicules à convoyer. Les pièces du conducteur et de son engin sont directement envoyées à la Douane de Cinkassé. C’est à l’arrivée du convoi que les pièces sont restituées aux propriétaires. Pour ceux qui arrivent à destination avant Cinkassé, toutes les dispositions sont prévues par le responsable du poste de DJEREHOUYE afin qu’ils rentrent aisément en possession de leurs pièces. Le convoi et les modalités de son organisation sont faits de commun accord avec les conducteurs. Depuis sa mise en place le dispositif de convoi fonctionne bien et permet d’éviter les sites sauvages de rechargement.
Par ailleurs cette société que dirige M. Sylvain Atoute Awima OUTCHANTCHA, fait également des contrôles à l’improviste à certains endroits de la route pour décourager ces chauffeurs véreux de gros porteurs qui continuent de contourner les dispositions de contrôle mises en place.
Il revient alors aux propriétaires des gros porteurs et leurs chauffeurs de prendre conscience sur les risques pour eux-mêmes et surtout pour la population avec cette pratique incivique.
La Société Autonome de Financement de l’Entretien Routier est un établissement public qui exerce dans la mobilisation des ressources pour financer l’entretien du réseau routier dans le pays. Cet établissement a été créé par le décret n° 2012-013/PR du 26 mars 2012 par le gouvernement togolais.
La SAFER a pour mission d’assurer le financement de l’entretien du réseau routier national, sur la base d’un programme annuel des travaux, assure le respect des dispositions susceptibles de maintenir les routes en bon état et va plus loin en prenant des mesures pour lutter contre des comportements qui contribuent à la dégradation des routes. C’est donc pour assurer pleinement cette mission qu’elle a mis en place le poste de contrôle des charges à l’essieu de DJEREHOUYE qui est opérationnel depuis décembre 2014.
Daniel A.
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