Face à la perte inquiètante de la pratique de la langue kabyè, l’académie kabyè avait le devoir de chercher des moyens pour sauver la situation. C’est dans cette optique qu’un festival de la langue kabyè a été organisé à Kara du 22 au 24 juillet 2025 sous le thème “Le futur s'écrit en kabyè”.
L'apothéose de l’événement qui s’est déroulé le jeudi dernier aux affaires sociales de Kara a été marquée par la proclamation des résultats et la remise des prix. La cérémonie a été présidée par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, M. Kanka-Malik NATCHABA, qui avait à ses côtés sa directrice de cabinet, Mme Ama Dzifa GAMETI, la présidente de l'académie Kabyè, Mme Balaïbaou KASSAN, et le secrétaire général de la dite académie, M. Atinèdi GNASSE.

Venant de différents cantons de la préfecture de la Kozah, quatorze jeunes ont concouru pendant trois jours dans plusieurs épreuves réparties en trois catégories. Première catégorie : le Slam et poésie , deuxième catégorie : conte et prose et la troisième catégorie : les proverbes commentés.
À la suite de la délibération d'un jury de trois membres, les trois premiers de chaque catégorie ont eu droit chacun une enveloppe d’argent, une attestation, un calendrier annuel Kabyè de 2026 et d'un t-shirt de l'Académie Kabyè. Le reste des participants a été encouragé chacun par un kit composé du calendrier annuel Kabyè de 2026 et d'un t-shirt de l'Académie Kabyè.

Occasion pour le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Kanka-Malik NATCHABA, de saluer l'Académie kabyè et les jeunes participants à ce concours qui vise la promotion et la valorisation de la langue et du patrimoine kabyè. Aussi, le ministre a-t-il félicité le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, qui ne ménage aucun effort pour la valorisation de la culture kabyè en général et la pratique de la langue kabyè à travers l’enseignement, le parler, les chants et les écrits en particulier. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, selon Kanka-Malik NATCHABA, reste disponible pour apporter son expertise en matière de recherche, de documentation et d'enseignement de la langue kabyè.
Dans quel contexte ce festival a-t-il été organisé ?
Pour l'Académie kabyè, composée de dix-huit membres et placée sous la conduite de Mme Balaïbaou KASSAN, l'organisation de cet festival est l’un des moyens de promouvoir la langue kabyè, dont l'utilisation devient de plus en plus négligée par des familles kabyè.
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“Le constat, c’est que la langue kabyè, dans sa pratique, est en perte de vitesse. C'est cela qui nous a motivés à chercher à savoir ce qu'il faut pour amener les jeunes à cette pratique. C’est un constat réel : aujourd'hui, dans les familles, on sait que beaucoup de gens ne parlent plus leur propre langue, le kabyè notamment, à leurs enfants. Du coup, quand leurs enfants n'arrivent pas à parler leur langue, ils n'ont plus le goût de revenir au terroir, parce qu’ils ne pourront pas communiquer avec les grands-parents qui, eux, souvent, ne parlent que leur langue,” a relevé la présidente de l’Académie kabyè, Dr Balaïbaou KASSAN.
Le bilan et appréciations
À en croire les organisateurs, la première édition du festival de la langue kabyè, édition 2025, est un coup d'essai réussi.

“La première édition du festival de la langue kabyè, édition 2025, se clôture aujourd'hui après trois jours de travaux. Trois jours pendant lesquels des concurrents se sont mesurés en poésie, chanson, lecture, conte et slam. Nous avons pu apprécier les talents des jeunes qui ont pris conscience que leur langue est une richesse, que la culture kabyè recèle beaucoup de richesses. Nous en sommes fiers. Nous, l'Académie kabyè, notre devoir, c'est de susciter ce courage chez eux pour qu’ils pratiquent la langue, pour qu'ils promeuvent cette langue. C'est pour cela que nous avons organisé cet festival et nous n'allons pas nous arrêter à la première édition”, a déclaré la Dr Balaïbaou KASSAN, présidente de l’Académie kabyè.
La prise de conscience et la mobilisation de la jeunesse autour de l'événement suscitent la joie des académiciens de la langue kabyè.

“Ce que nous avons constaté, c’est un grand succès dans la mesure où les jeunes sont venus en masse pour se mesurer et pour se prêter à ce jeu de concurrence par rapport à la langue kabyè, à son écriture, à sa lecture et à sa pratique”, s’est réjoui Dr Balaïbaou KASSAN à nos micros.
Tout en félicitant les jeunes participants pour leur prise de conscience, la présidente de l’Académie kabyè encourage ces derniers à se prêter encore à ce jeu la prochaine fois et aussi à susciter d'autres volontés parce que, dit-elle, “c’est notre langue, c’est leur langue, c’est leur culture et on ne peut pas vivre sans ces racines. C’est avec les racines qu’on peut s’enraciner et pouvoir s’envoler”.
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Bien que pour le développement ou la survie d’une langue, il faille à un moment emprunter certains mots, les organisateurs exhortent tous les fils et toutes les filles du pays kabyè vivant au Togo ou dans la diaspora à se sentir fiers de leurs origines et à faire des efforts pour cultiver le parler de la langue kabyè en famille. Parler une autre langue en plus de sa propre langue (kabyè) est une richesse, mais négliger le kabyè, sa langue d'origine, au profit des langues des autres est malsain. Ne pas parler sa langue, pour le Dr Balaïbaou KASSAN, “c’est une énorme perte, c’est un gâchis parce qu’on ne saura plus plus tard d'où l’on vient, la langue est une culture.” Les académiciens de la langue kabyè lancent un vibrant appel à toutes les bonnes volontés pour une organisation plus merveilleuse et réussie de la deuxième édition prévue en juillet 2026.
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