La question du panafricanisme, une doctrine nécessaire et importante pour l’épanouissement et le développement du continent africain. La jeunesse africaine doit donc se l’approprier. Dans cet article votre journal chronique de la semaine en partenariat avec l’ONG NUNYA vous présente, ce qu’est le panafricanisme, pourquoi le prôner, comment le défendre, à quelle fin et quels impacts sur le développement du continent africain, selon M. Amzat BOUKARI-YABARA, historien, écrivain, militant panafricaniste franco-béninois.
Au 19ème siècle sous l’effet de la domination coloniale des puissances européennes sur les peuples africains, un mouvement naît parmi le peuple, le peuple noir: le panafricanisme pour l’unification de l’Afrique. Il est apparu comme un mouvement pouvant permettre aux africains de se réapproprier leur histoire et leur culture, de restaurer la dignité et l’identité africaine. Il s’agit d’un mouvement qui prône l’unicité des peuples africains, une union économique et politique entre les peuples africains. Malgré les nombreux défis que ça soulève, le panafricanisme est encore plus que d’actualité.
Le panafricanisme, comment le comprendre ?
Selon M. Amzat BOUKARI-YABARA, historien, écrivain, militant panafricaniste franco-béninois, le panafricanisme, est un mouvement de résistance, de libération, de renaissance qui pose la solidarité des peuples africains et afro-descendants tout au long de l’histoire donc depuis notamment la période du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Et va ensuite devenir une doctrine d’unification politique du continent africain
Pourquoi le panafricanisme?
Aujourd’hui, nous devant prôner le panafricanisme comme nos prédécesseurs l’on fait hier, avant -hier et même avant-hier. Parce que c’est un mouvement de libération, de paix, qui vise à la paix et la réconciliation entre les peuples africains. Nous avons été esclavagisés, colonisés, tribalisés, divisés. Et donc le panafricanisme est la seule pensée politique, la seule doctrine politique qui vise à résoudre ces blessures, ces fractures, ces fragmentations. L’Afrique est le continent le plus riche au monde et c’est en même temps celui qui est le plus pillé, le plus exploité parce que justement désorganisé et désarticulé. Lorsque nous lisons la quasi-totalité des constitutions de nos États, il est question de l’intégration africaine, de l’unité africaine, du panafricanisme etc. Donc il faut que les peuples forcent, obligent, réclament à leurs gouvernants la mise en place donc de cette unité africaine. Il est important aujourd’hui de penser l’unité de l’Afrique, de réaliser l’unité de l’Afrique. Or aujourd’hui la défense des intérêts africains au niveau des États pris de manière individuelle n’est pas possible. Aucun État seul n’a les moyens politiques, de défendre l’intégralité de ses intérêts. Par exemple le Togo n’a pas les moyens d’avoir une ambassade du Togo dans les 200 pays qui existent à l’échelle mondiale. Il est plus intelligent et plus pertinent pour le Togo de mutualiser sa diplomatie avec d’autres pays africains. Pour qu’il y ait partout une ambassade commune à l’ensemble des pays africains. Et ça nécessite de concevoir les Africains comme ayant une citoyenneté unique . Un autre élément important aussi, c’est que le panafricanisme est un mouvement qui combat le racisme. Et pour les peuples Africains de la diaspora le racisme est quelque chose de quotidien, quelque chose de structurel, de systémique. Tant que l’Afrique ne sera pas unie, et relevée les Africains, partout où ils iront dans le monde, ils seront traités de la même manière qu’est traité le continent africain.
Alors comment agir en faveur du panafricanisme?
La première action à mener pour le panafricanisme c’est déjà être fier d’être Africain. Être fier de son histoire et donc connaître son connaître son histoire. L’histoire est vraiment la chose la plus importante. Sans mémoire, il n’y a pas de projet. Donc la première chose c’est vraiment la formation. Comme disait Cheikh Anta Diop: «Armez-vous de science jusqu’aux dents». Deuxièmement c’est quel que soit le domaine dans lequel vous exercez, même si vous n’avez pas de domaine, essayez de voir en quoi vous pouvez contribuer à une plus grande unité africaine. Si vous êtes médecins, paysans, essayez de vous rapprocher de coopératives ou de paysans africains ou panafricains pour que vos préoccupations dans votre pays puissent être partagées avec d’d’autres de vos pairs qui sont dans d’autres pays. Troisième élément, il est important il est important de s’engager dans des associations dans des structures, des lieux où ont débattre du panafricanisme et débattre aussi de l’actualité africaine. Et ça aussi nécessite de pouvoir accepter le débat d’idées et de pouvoir accepter également qu’il y a d’autres points de vue que le vôtre. C’est -à -dire que le panafricanisme ne doit pas devenir un totalitarisme. Il ne doit pas devenir quelque chose qui vise à excommunier, à critiquer, à insulter celui qui n’est pas d’d’accord avec nous . Il faut comprendre que nous sommes dans un combat de longue durée, de longue haleine et que chaque génération, comme le disait Frantz Fanon doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.
Quel message à l’endroit de la jeunesse africaine, militants des Droits Humains ou aux Gouvernements Africains ?
Au niveau des gouvernements il est important également qu’il y ait des évolutions. On a des ministères dans certains pays qui traitent spécifiquement la question de l’intégration africaine. Mais il est important aussi que d’d’un point de vue sectoriel qu’il y ait des convergences panafricaines. Que tous les ministères de l’éducation nationale de l’Afrique de l’Ouest par exemple pour commencer travaillent sur un programme commun d’éducation. Il faut qu’il y ait de vue des politiques agricoles qui fait que nos États qui produisent du coton, du cacao, du café (…) et qui sont les premiers au niveau du classement mondial réfléchissent à une meilleure synergie pour que l’agriculture puisse être également porteuse d’autosuffisance alimentaire. Pour la jeunesse africaine, il est important de la former. Qu’elle se forme. Qu’elle prenne le temps de débattre, de connaître ce dont elle parle. Qu’elle prenne aussi l’expérience des aînés. C’est important que la jeunesse ne parte pas de rien, qu’elle s’appuie sur les aînés. Qu’elle ait confiance en elle. Au niveau des organisations politiques là encore c’est la nécessité de développer le volet panafricanisme dans tout ce que vous faîtes, dans tout ce que vous proposez, aux populations lors des élections. Et donc les États africains doivent protéger les ambitions et les projets panafricanistes. Il faut ensuite inscrire dans toutes les écoles du continent africain le panafricanisme, l’histoire du panafricanisme au programme scolaire. l’union fait la force.
Source: Episode NUNYA n°082 et chronique de la semaine.
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